Cave d'accueil

ABOIRE

Actualités du Vin

Autres

Concours

Economie

Manifestations

Salons

Ventes

Petites annonces

Dégustations

Connaissance du vin

Divertissement

Reportages

La route du vin

[Archives]

ABOIRE --- Club d'amateurs de vin

Page enregistrée le 17/11/04 à 10:50

Sujet[DEG] Dégustation 98 Domaine Ravenau / Petite dégustation comparative Champagne Bruts sans Année [très long]
Posté le5/10/99
Parcercle.champenois@wanadoo.fr (CAINJO Pierre-Yves)

Bonjour à tous,

je souhaitais vous faire part de deux dégustations récentes (vendredi et samedi derniers) auxquelles j'ai participé. La première, très intéressante et tout de même un vrai privilège, fut la dégustation du millésime 98 au Domaine Raveneau à Chablis en compagnie de Jean-Marie Raveneau, fils de François.

Nous avons dégusté dans l'ordre, directement au fût dans la cave, les climats suivants : - La Forêt - Butteaux - Montée de Tonnerre - Blanchot - Valmur - Les Clos Après cette superbe dégustation, nous avons cloturé la matinée en apothéose avec une Montée de Tonnerre 82 et Les Clos 69.

Impression sur Jean-Marie Raveneau, un homme très très modeste et humble, absolument pas grisé par la présence de ses vins sur de nombreuses cartes de grands restaurants. Ensuite, pour qui a la chance de repartir avec un petit peu de vin de chez lui, les prix sont étonnament doux, pas supérieurs à ceux de la Chablisienne par exemple, au contraire.

Pour les vins, ils sont superbes, très typés Chablis, minéral, très "pierre à fusil", certains (grands crus surtout) encore fermés. Le millésime 98 n'aura pas un potentiel de garde très important mais permettra de patienter pour boire 96 par exemple. A la dégustation, très nette différence, de concentration, de complexité, de finesse entre La Forêt et Butteaux d'un côté et Montée de Tonnerre et les 3 grands crus de l'autre. autant les premiers sont déjà assez ouverts, presque guillerets autant les suivants pour culminer avec les Clos sont encore fermés, austères, caractéristique fréquente dans ces climats et surtout chez Raveneau dont les vins même dans les millésimes de second plan évoluent très lentement. La Montée de Tonnerre commence à s'ouvrir un tout petit peu, Blanchot et Valmur sont encore fermés et les Clos sont même totalement cadenassés. On sent pourtant un énorme potentiel derrière cette austérité de jeunesse et une complexité remarquable. De très grands vins, même en 98. Pour les deux bouteilles, elles furent exceptionnelles. La Montée de Tonnerre 82 était magnifique, complexe, d'une grande longueur avec toujours ce côté très minéral et un peu austère. Le Clos 69 est une bouteille quasi introuvable aujourd'hui. Et c'est dommage car de l'aveu de François Raveneau, ce vin est resté complètement fermé durant des années et même il avait peur que jamais il ne se dévoile. Puis, au début des années 90, il a commencé à se montrer pour afficher aujourd'hui une jeunesse étonnante, une complexité inouie. Un très grand vin.

A suivi un repas au restaurant La Beursaudière à Nitry (près de l'A6), établissement très agréable avec une cuisine classique avec une touche d'inventivité qui lui donne beaucoup de charmes, une très belle carte des vins et des cafés (pour les amateurs) et une ambiance chaleureuse, un service rapide et agréable. Enfin, dernière bonne surprise, une addition très raisonnable.

Autre dégustation, organisée en partie par mes soins, une petite dégustation entre simples amateurs pour comparer quelques Champagnes Bruts sans Année, histoire de faire perdre définitivement au gens la sensation que plus une maison de Champagne est connue meilleurs sont ces vins. 8 Champagnes bruts, servis à la suite mais dans des verres différents pour permettre à chacun de conserver un peu de chacun pour pouvoir y revenir par la suite. Ordre de service tiré au sort. service bouteille entièrement cachée biensûr. 12 personnes de 24 à 65 ans, moitié homme moitié femme, en immense majorité n'habitant pas la Champagne et non professionnels du vin. La sélection a été faite également par tirage au sort parmi une présélection rassemblant la quasi totalité des bruts sans année connus du marché (limité aux négociants et coopératives pour rester dans des modes d'élaboration voisins) Servis dans l'ordre : 1/ Jacquart Brut 2/ De Castellane Brut Croix Rouge 3/ Laurent Perrier Brut 4/ Louis Roederer Brut Premier 5/ Moët & Chandon Brut Impérial 6/ Veuve Clicquot Ponsardin Carte Jaune 7/ Palmer & C[infinity] Brut 8/ Bollinger Special Cuvée

En conclusion, Moët & Chandon finit 11 fois sur 12 dernier et une fois avant dernier, De Castellane, 1 fois dernier et 11 fois avant dernier. Pour les premiers, net avantage pour Bollinger qui finit 10 fois premier 1 fois deuxième et 1 fois quatrième. Puis Palmer 1 fois premier, 6 fois deuxième, 3 fois troisième et 2 fois quatrième. Roederer 1 fois premier, 5 fois deuxième, 5 fois troisième et 1 fois quatrième. Laurent Perrier 7 fois quatrième, 1 fois cinquième et 4 fois troisième. Jacquart 12 fois sixième. Veuve Clicquot 11 fois cinquième et 1 fois quatrième.

En dehors des stats, les gens outre le classement devaient indiquer leur degré de volonté d'acheter ce Champagne 1/ tout de suite 2/ oui certainement 3/ peut-être 4/ non Jusqu'à la quatrième place (pour 9 personnes) et cinquième (3 personnes) on est à 1/ ou 2/ Ensuite 3/ et très vite 4/

A la dégustation, Bollinger comme toujours dans son style que l'on peut ne pas aimer, bien charpenté, complexe, long, un grand Champagne malheureusement et logiquement beaucoup plus cher que les autres. Roederer dans un style tout à fait différent, agréable, tout en finesse, très léger (trop). Un beau Champagne que certains pourraient qualifier de féminin. Bulles très fines. Palmer, dans un style très harmonieux tire très bien son épingle du jeu à l'aveugle et remarquablement eu égard à son prix (autour de 100/105 francs). Très équilibré, vif, pas trop dosé, long en bouche, bulles fines. Laurent Perrier confirme après quelques années plus difficiles son retour au tout premier plan sur l'ensemble de sa gamme, y compris le brut. Bien équilibré, pas trop dosé, beaucoup de finesse. Une grande réussite eu égard aux volumes commercialisés. Veuve Clicquot, sans défaut, on est déjà dans un style beauoup plus passe-partout, plus standard. dosage un peu plus important, finalement sans défauts ni vraies qualités. Jacquart, plus standard, moins délicat, pas très agréable, bulles moins fines, une cuvée très standard. De Castellane, on rentre dans les cuvées qui posent davantage problème. Outre le côté standard et sans réel charme, cette cuvée présente des goûts pas très agréables en particulier une amertume en fin de bouche et une acidité désagréable perceptible malgré un dosage généreux. Moët & Chandon, le Champagne le plus bu au monde, malheureusement. Le plus mal jugé de la dégustation, un dosage très important, laissant une bouche pateuse et une impression de sucré et de lourdeur peu agréable. Le dosage très fort (sans doute 14g/l voire plus) n'est certainement pas là par hasard et ce qui est rare, pourtant j'en ai bu très peu, je bois souvent du Champagne et je sui peu sujet aux maux de tête, il m'a laissé un mal de tête conséquent. Une catastrophe, quand on sait que la plupart des gens achètent aveuglément du Moët en pensant que c'est ce qui se fait de mieux et surtout que si ça ne leur plait pas, c'est certainement car ils ne sont pas en mesure de l'apprécier (j'ai déjà entendu cela).

Voilà, désolé d'avoir été si long.

Bon après-midi. Bien amicalement à tous.

Pierre-Yves CAINJO.

cave d'accueil

Association
Blésoise des
Oenophiles sur
Internet et autres
Réseaux
Equivalents

©1997-2001
Tous droits
réservés

haut de cave